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Doe - 04/10/2019 - 0 Comment(s)

A quoi servent les dons de fournitures scolaires après la rentrée des classes ?

Le grand problème pour la plupart  des parents d'élèves à l'approche de la rentrée scolaire, c'est comment subvenir aux besoins de leurs enfants en termes de fournitures scolaires. Face à ce souci  très préoccupant, certaines ONG et autres bonnes volontés volent  au secours des nécessiteux à chaque rentrée. Mais ces gestes de générosité appréciés par la population  suscitent parfois des sentiments de regret et de frustration chez les bénéficiaires.            

Ce paradoxe trouve son origine dans  la période à laquelle  ces dons interviennent. Généralement, à un mois du début de l'année  scolaire, tout parent se prépare à  fournir le nécessaire  à ses enfants. Si ce devoir est accompli aisément par  les familles nanties, les parents pauvres ou vulnérables le font au prix de mille sacrifices.  Ces sacrifices vont  de la vente à vil prix des  produits agricoles ou d'élevage aux prêts  dans les micros finances. C'est justement pour  aider ces familles démunies  que les bonnes volontés offrent à chaque rentrée des kits scolaires à certains établissements  publics comme privés ainsi qu'à des orphelinats.  Ces kits ne sont souvent remis aux bénéficiaires  qu'à la Veille ou le jour de la rentrée.  D'autres bienfaiteurs  vont même offrir des fournitures  plus d'une semaine après la rentrée  au moment où les parents  se sont déjà endettés  pour permettre à leurs enfants de reprendre le chemin de l'école. Cette situation est jugée  incompréhensible  par certains parents qui ne comprennent pas pourquoi ces généreux donateurs  continuent  par procéder de cette manière chaque année.
           

«C'est  regrettable et inutile », estime M. Sevon Doufio, père de trois collégiens qui assistait  à la remise de dons d'articles scolaires aux élèves du CEG de sa localité  par un ministre  natif du milieu une semaine après la rentrée scolaire 2019 -2020. «Après avoir  vendu nos récoltes  à vil prix et fait des prêts pour assurer la rentrée de nos enfants  on vient nous offrir ce que nous nous sommes déjà endettés pour acheter. Et  pourtant  notre ministre sait bien qu'après une semaine de cours, aucun parent ne peut laisser son enfant  sans cahiers quelle que  soit sa situation. Il sait aussi  que chez nous ici, au village, c'est difficile de conserver en bon état ces fournitures jusqu'à la rentrée prochaine », explique-t-il.  Comme lui, certaines femmes présentes à la même cérémonie de remise de dons d'articles scolaires déplorent elles aussi  l'arrivée tardive de ce geste. « Si vous voulez nous aider, faites-le pendant les vacances, comme ça nous n'aurons plus à nous soucier des conditions de la rentrée de nos enfants ; dans le cas contraire, gardez vos sous », fustigeait  dame Afiwa à voix basse derrière la foule. 
           

Selon  certains bienfaiteurs  interrogés sur le sujet, ce retard  est dû à la difficulté de retrouver les élèves pendant les vacances. Faux, rétorque le chef du village. « Avec les directeurs d'écoles, les CDQ et nous même, c'est facile de rassembler nos enfants à tout moment pendant les vacances. Il suffit d'informer les responsables à temps», explique-t-il.
           

Tout compte fait, que ce soit à des fins politiques ou purement humanitaires, il va sans dire que  ces dons de kits scolaires sont pour les familles  vulnérables une précieuse contribution à  la poursuite des études de leurs enfants. Mais,  le seul bémol, c'est le moment où ces dons sont apportés aux élèves. Il urge donc, pour  l'atteinte des objectifs visés, que les bonnes volontés fassent en sorte que leurs gestes interviennent bien avant la rentrée pour le bonheur de  ces apprenants qu'ils veulent voir réussir leur formation.
 

Daniel A.

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